Que signifie Bi / Pan?
PAN: se définit comme pansexuel·le (et comme panromantique) une personne attirée sexuellement (et/ou amoureusement ) par des personnes, sans tenir compte de leur genre. Aucun genre n’est rédhibitoire. Le genre n’est pas important dans le choix d’un·e partenaire de sexe ou de jeu ou de vie.
BI: Certaines personnes s’auto-déterminent comme bisexuelles ou polysexuelles, car elles sont attirées par plus d’un genre mais pas tous. L’exemple le plus répandu, sans surprise: tous les genres sauf les mecs cis.
La pansexualité et la bisexualité ne se cachent plus autant, ces dernières années. Des médias en arrivent à parler de « mode », comme pour la non binarité et la transidentité, alors qu’en fait il s’agit juste d’être soi-même, visible, grâce à une possibilité plus vaste de trouver du soutien, des modèles, des lieux avec des adelphes… et donc un contexte plus propice à se revendiquer tel·le que l’on se ressent, en terme de genre et de sexualité.
Née fille dans les 70′ à la campagne
J’ai toujours su que ce que l’on définissait comme « fille ou femme » ne me correspondait pas complètement et aussi que le genre d’une personne ne m’importait pas dans mes attirances romantiques et sexuelles.
J’ai toujours su que les mecs cis hétéosexuels étaient susceptibles de violences. #ouimaispastous #ouimaisbeaucoupquandmême. Le groupe social des hommes qui se comportent en « vrais mecs », virilité toxique au poing, régnait clairement en Ardenne. Il était suicidaire d’aborder ces questions-là.
Enfant, je me taisais. Adolescente, j’ai vite compris qu’il était vital d’éviter le sujet, aussi bien verbalement qu’en rapprochement physique. Le seul mec de mon école qui avait osé s’affirmer queer avait fini roué de coups dans un fossé. Et j’entendais souvent dire des « femmes qui sont pour les femmes » que ce qui leur fallait c’était une bonne b* pour leur apprendre. Je n’ai cédé qu’une fois à mon désir, car je l’ai cru réciproque, dans un jeu avec une amie proche, et quand je me suis rendu compte qu’elle était hyper choquée par ma proposition, j’ai fait croire à une blague avec ma pote hétéra effrayée par mon « canard » (le smak belge), pour éviter l’outing et les violences qui s’ensuivraient. Désolée pour ce récit dur. C’était la campagne des années 80-90. On ne rigolait pas avec ce qui sortait du « droit chemin ». Vraiment pas. Puis j’ai mis ces questions de côté durant ma première vie d’adulte pour tenter de rentrer dans le moule.
Ce n’est que vers 2010, dans l’ambiance d’une Bruxelles encore loin de l’lgbtfriendly d’aujourd’hui, que j’ai osé m’affirmer. Ca a été progressif. Ma première relation amoureuse avec une femme m’a donné beaucoup d’angoisses sociales. Puis moins. Puis pas.
Je mesure – en partie – ce que les personnes considérées comme femmes qui se revendiquent bi/pan subissent, autant dans les milieux homos que dans les milieux hétéros.
En partie car je suis aujourd’hui privilégiée. Ce n’est pas le cas de toustes. La biphobie entraine bien des violences!
Si j’en parle si ouvertement sur mon site, c’est pour ouvrir des lueurs. Parce que, même tardivement, il est possible d’en parler, de chercher, d’explorer, d’éclairer, d’affiner qui l’on est profondément, avec ses sois, avec les autres et avec le monde.
C’est un questionnement que je reçois beaucoup en séance, de la part d’accompagné·es qui cherchent à identifier et à libérer leur « véritable moi », douloureusement enfermé depuis tellement longtemps.
Il n’y a pas d’âge pour s’auto-déterminer!
Queer. LGBTQIA+. Bi. Pan. aujourd’hui?
La nouvelle génération baigne dans le questionnement de genre et d’orientation amoureuse et sexuelle.
De nombreuses associations, groupes de paroles, listes d’oeuvres culturelles, bars… proposent un soutien.
Ce n’est pourtant pas évident dans tous les milieux, même en Belgique ou en France. Le patriarcat veille. Et nous assistons ces dernières années à un recul politique de nos droits.
Les oppressions Bi/Pan
La bisexualité et la pansexualité ont un statut particulier aussi bien dans le champ lgbtqia+ que dans l’hétéropatriarcat.
Leurs oppressions sont nombreuses et complexes. Parmi les plus connues: une personne considérée comme femme bi ou pan sera sexualisée comme licorne chez les hétéros et/ou vue comme indécise (ou dans une passade); chez les lesbiennes elle pourrait être vue comme une hétéra ou comme une invitée ; on projettera facilement sur une personne considérée comme homme bi/pan des transmissions de maladies et une sexualité débridée; un couple de personne bi peut être vu comme hétéro. Les conjoint·es des personnes bi peuvent être reconnu·es par leur famille uniquement quand elles sont « de sexe opposé » sinon on parlera d' »ami·es » Il y en a d’autres.
Des comptes instas (le plus connu est celui de Floralie Resa) et des collectifs travaillent à combattre la biphobie et aussi à créer une communauté bi.
Le nouveau bouquin de Camille Teste
En attendant, encore bien des bi et pan sont dans le placard et c’est pas facile d’en sortir.
Sans surprise, oui, on peut aussi travailler ça en séance!
Sourire
Les collectifs
Collectif féministe, queer, intersectionnel, sex worker & trans inclusif, antiraciste, antivalidiste et allié décolonial, créé en février 2023 pour développer la communauté des personnes bipan et en questionnement en IDF. Propose des espaces de parole et de politisation pour les personnes BiPan et en questionnement.
Association Bi’Cause
Association Bi, Pan et +, fondée en mai 1997, à vocation nationale, développant les relations inter-associatives, ayant comme objectifs la convivialité, la santé sexuelle et communautaire, le plaidoyer auprès des institutions.
Collectif les BiSextiles
Collectif organisant principalement des soirées privées avec libre sexualité, qui se déroulent en non-mixité choisie, ouvertes aux personnes bisexuelles ou pansexuelles, sans distinction de genre. Il s’agit d’un espace queer que nous voulons safe et sans biphobie, où chacun.e sera libre d’explorer sa sexualité et sa sensualité à son rythme, sans jugement. Les BiSextiles offrent un cadre bienveillant centré sur des valeurs féministes, où se rassembler et faire communauté entre personnes bi et pan.
La commu bi féministe pour les meufs et les personnes trans, binaires ou non
Groupes de parole, events, soin, bisexualité politique
Paris
Un peu de doc bi/pan (à compléter)
Rapport d’enquête sur la biphobie/panphobie
Questions fréquentes sur la bisexualité
