Des tentatives de Corps Hybrides – Stage Danse et Hypnose

Cie Nue /Marie Lisel et Lise Casazza

du 14 au 17 juin 2021 à Valcivières (Puy de Dome- 63)   

Photo: Aude Lavenant- Cie Nue: Lise Casazza 

LE CORPS

La danse du « moi-sorcière», sans logique décelable,  se joue des allers et retours dedans/dehors : comment entrer en soi ? Comment en sortir ? Comment gratter le vernis de l’identité humaine et s’affranchir des distinctions que nous faisons entre animal, végétal, minéral ?  Comment transformer nos soubassements,  points d’impact, résonances ? Comment connecter nos pores à la nature en déjouant nos contours ? Comment se réinventer par l’imagination active, en lien avec le vivant ?

Par la danse alliée à l’auto-hypnose, l’hypnose guidée, le rêve éveillé, le jeu avec l’objet et l’espace transitionnel, le rituel, nous entrerons dans des expériences corporelles hybrides.

Il s’agira de générer un flux entre ses sois intérieurs, entre soi et le végétal, entre les corps, entre le rêver et le tangible… pour le danser en jeu de contagions incessantes, de porosités changeantes, de transformations libres.

Ces passages entre le visible et l’invisible ouvriront  une plasticité émotionnelle, physique et psychique. 

Par la magie intérieure, nous explorerons un corps par lequel passe des flux essentiels, des identités fluides et des esprits multiples. Nous entrerons en rapport avec l’espace et ses présences.

Par la danse et le rituel, nous rendrons tangibles ce qui nous accorde au lieu, de l’apprivoisement à la transformation en passant par chaque résonance et échange.

LES OUTILS MÉTAMORPHIQUES

La danse contemporaine, l’auto-hypnose, l’hypnose, le rêve éveillé, l’espace transitionnel, le rituel, le mouvement authentique, le yoga nidra (yoga du sommeil).

Photo: Aude Lavenant- Cie Nue: Lise Casazza 

LE LIEU

Arriver dans un lieu : un protocole de présence en actions, en plusieurs étapes.

Cette traversée propose d’explorer l’attention exigeante (qui détermine ce qui devient important), les sensations, intuitions et représentations et à travers elles les mouvements, sons et actions, en traçant un jeu de correspondances entre ce qui habite le corps et ce qui habite l’environnement.

Grâce à différentes techniques, il s’agira de se laisser apprivoiser et toucher par le lieu, en révélant progressivement ce qu’il engage, chatouille, câline, remue en nous et de faire corps avec lui,  se lovant dans les interstices, en pleine présence.

Comment un lieu singulier rencontre un corps singulier et vice et versa ? 

Concernant la question de la perception et des sensations qui émergent d’un lieu, il s’agit également, lors de ce stage, de proposer des temps immersifs  en forêt. 

Photo: Marie Lisel

LES JEUX

Jeu 1 : connexion avec (ses) soi(s) et avec ce qui habite l’environnement

Entrer en connexion avec le lieu, naturel, construit, symbolique, immersif… afin que le corps se sente en intime proximité avec les qualités de l’espace, qu’il se sente appartenir par des aspects précis à cet endroit, qu’il ressente des familiarités, de façon fugitive, changeante et de façon ancrée (présente, à activer). 

Accorder son attention, du micro au macro, du tangible à l’onirique.  Susciter différents modes d’attention, accorder autrement de l’enthousiasme et de l’importance, multiplier les manières de se laisser capturer par ce qui nous entoure. Jouer avec le “faire sens” et le déjouer. 

Développer une présence « éponge », un corps poreux, devenant la manifestation d’une rencontre entre un lieu, son contexte, un corps matière et des facettes psychiques qui se révèlent par le frottement à l’environnement. S’inscrire dans l’espace en cherchant les coïncidences entre territoire intérieur et extérieur: trouver les mouvements par lesquels les performeureuses se mettent en phase avec ce qui habite le lieu qu’iels arpentent. 

Laisser une place à la flânerie et à l’errance physique et onirique. Habiter le lieu avec ce qui le compose, avec ses particularités.  Se laisser toucher profondément par son rythme, son humeur, sa vitalité. Se laisser (é)mouvoir par la contemplation plurisensorielle. 

Jeu 2 : mise en mouvement intérieure et extérieure

Se laisser toucher par l’espace. 

Déployer une série d’actions sur soi évidentes, quotidiennes, pour se mettre en mouvement: toucher, contempler, contourner, caresser, chuchoter, s’endormir, s’étendre, se nettoyer, se cacher … 

Parcourir : faire de la marche, de la course, de la chute, du rebond, de l’élévation… des présences en recherche qui testent le terrain et dialoguent avec lui.

Lire le lieu, y passer, y repasser…  Longer les arbres… observer les lignes, les coins, les recoins… s’appuyer contre, s’allonger, s’asseoir,  toucher les parois, parler aux pierres, poser des questions aux oiseaux, respirer les mousses, mesurer l’espace à travers son propre corps, écouter le vent, imiter les fourmis…

Arpenter et trouver sa/ses place(s). Expérimenter les possibles en présence.

Permettre aux différents corps de cohabiter, ne pas presser les rencontres, en étant néanmoins confiant dans le fait que des rencontres vont avoir lieu. 

Jeu 3 : correspondances cartographiques

Créer sa propre cartographie sensible du lieu, incertaine, par l’observation, l’intuition et l’imagination. 

Danser une carte fantasmée qui rend compte d’un imaginaire sensoriel et poétique. Elle matérialise, dans le corps , les dynamiques par lesquelles l’individu.e se met en phase avec le lieu qu’iel arpente, elle est son déplacement et son ressenti parmi les éléments qui peuplent cet espace de nature animale, végétale, minérale… 

Occuper le lieu par son imaginaire et construire ainsi une « une texture imaginaire du réel » (pour reprendre Merleau-Ponty).

Susciter la bizarrerie, l’extravagance, le spectaculaire et en découvrir les routines, les redondances, les territoires, en accord avec l’endroit de ce déploiement.  Expérimenter l’élasticité  ou la porosité des limites du territoire. Négocier avec sa propre cartographie sensible, la pousser dans ses retranchements, en révéler les transferts, les passages, les interactions, les résonances, les résistances.

Marquer ses places dans l’absence, faire acte de prolongement de présence. Évoquer. Diffuser. Extendre l’espace sensible. Se l’approprier par un accord corporel qui indifférencie le soi et le non soi. Devenir le lieu et l’incorporer. Etre possédé.e par sa présence. 

Jeu 4 : un jeu tangible entre les mondes

Rendre palpable la circulation des sensations, émotions, impressions, transformations, rencontres, compréhensions profondes… par le rapport aux objets transitionnels, par les sons, mots, mouvements, actions.

Trouver une justesse dans la tangibilité des interactions entre soi et le monde par l’intermédiaire du rituel solitaire. 

Communiquer aux autres corps et présences ses révélations et constructions essentielles (relations entre ses sois, entre ses sois et le monde). S’organiser en laissant les mises en rapport et les dispositifs collectifs nous surprendre.

Ne garder, ensemble, que la forme qui vaut par elle-même, donner à voir, entendre, sentir. Laisser émerger l’expression de nouveaux affects, énergies, magies, puissances. Danser le territoire et en multiplier les mondes.

LES INTERVENANTES

Marie Lisel

Marie Lisel est artiste et praticienne en hypnose éricksonienne (pratique artistique et thérapie). 

Ses recherches l’amènent à (faire) expérimenter la diversité des transes, le mouvement et le son spontané, la synesthésie, la fluidité du genre, la connexion animale, la relation à l’objet transitionnel, la création sous hypnose, le voyage onirique de transformation, le rituel.

En tant que thérapeute, elle travaille en individuel mais aussi en groupes, qu’elle emmène à la découverte de la connexion avec la nature (forêt, rivière, chevaux), en stages de 4 jours ou en apprentissages de techniques comme l’auto-hypnose ou le rêve éveillé (en présentiel ou en visio).

En tant qu’accompagnante de projets artistiques, elle participe aux recherches et créations d’artistes et metteureuses en scène/chorégraphes (Léa Drouet, Gaëtan Rusquet, Violaine Lochu…) ; intervient auprès de divers lieux (Wiels, KASK, Balsamine, Museum de Toulouse, biennale nemo, FRAC Lorraine, théâtre des Amandiers, Musée de l’Orangerie…) et en radio (rtbf, rts, France Culture). Elle partage aussi ses outils en écoles supérieures d’art.

En tant que créatrice, elle est l’autrice de créations sonores radiophoniques, d’installations sonores en musées, de performances participatives en FRAC ou en théâtres.

Ses collaborations artistiques sont autant du domaine de la co-création que de l’accompagnement technique hypnotique. 

Parcours hypnoartistique: https://marielisel.com/a-propos/cv-artistique/

Outils hypno-artistiques (hypnose, rêve éveillé, rituel…) : https://marielisel.com/accompagnement-pour-la-creation/les-outils-pour-creer-son-oeuvre/

Ateliers sur plateau: https://marielisel.com/ateliers-workshops/ateliers-pour-artistes-et-autres-specialistes/

atelier-sur-mesure-au-sein-de-votre-projet-dart-de-la-scene/

Quelques sons en ligne: https://marielisel.bandcamp.com

Lise Casazza 

Lise Casazza est danseuse, chorégraphe et pédagogue du mouvement.

A ses débuts, elle travaille avec plusieurs compagnies de rue. Elle est notamment engagée par la compagnie Trace(s) en Poudre, pour la pièce “Soy Imperfecta” (2001- 2007) et jouera au festival     «in» d’Aurillac, à Libourne, Tours, Charleroi, Turin…

Ce spectacle la marque profondément: dans l’exploration de sa thématique -celle de la prostitution-, dans son engagement théâtral porté par une physicalité intense et brute et dans le choc qu »il provoque chez les spectateurs. Si elle travaille comme interprète, elle mène, cependant, dès le départ, son propre travail, s’inventant des espaces de pratiques en mode survie (squats, extérieur…), souvent en solo, parfois en duo.

En 2009, Lise Casazza crée la Compagnie Nue pour donner un cadre à ces expérimentations et créations. Son travail s’axe particulièrement sur le travail in-situ: elle cherche une écriture irréelle et instable, faite de fragments et d’impressions physiques et organiques, en lien avec un lieu.

Elle crée ainsi plusieurs pièces hors salles de spectacle: « Au bord de.. » projet photochorégraphique avec la photographe Aude Lavenant, en 2013.

En 2015, « Je suis un pur produit de ce siècle », déambulatoire pour rues et vitrines, sur la folie dans l’espace public, spectacle soutenu par la DRAC Rhône-Alpes, CG Drôme, le dispositif « Écrire pour la rue » SACD/DGCA, la Bourse « Auteurs d’espaces » SACD, Deuxième groupe d’Intervention, l’Atelline, La Gare à Coulisses, Quelques p’Arts…Centre National des Arts de la Rue.

« 27.19.34 : Une Trilogie », en 2016 création performative in-situ pour le Musée de Valence, avec le musicien Mathias Forge, « GRAFF, IN-CHARGE et LOOP » avec la danseuse Pascale Gille, 3 formes courtes pour le Monastère de Sainte Croix (26), en 2017.

En salle, cette fois, car elle a besoin d’un cocon, elle créée, en collaboration avec l’écrivain Gwenola Breton, le spectacle jeune public «ENFANT» , en 2017, qui explore la traversée d’un enfant dont le père est mort.

Le rapport entre littérature et danse est également un axe de son travail. En 2020, naissent les pièces courtes: “Fermer les yeux sur l’état du temps” avec l’autrice, performeuse-parleuse Claire Rengade pour le musée de Valence, puis “Faune” solo chorégraphique sur le rire et la transformation, pour le musée de Lodève.

En 2020, elle s’engage également dans le dispositif Edition Spéciale #4 mis en place par le Centre National de la Danse de Pantin, qui traite des processus de création chorégraphique, de composition et de dramaturgie en danse. Les créations en cours sont: “Première Comparution”, duo slam et danse pour les adolescents, sur le sujet des enfants-soldats, pour 2022 et “Bleu sombre nuit”, inspiré du Manifeste Cyborg de Dona Haraway, prévus pour 2023-24.

Les rencontres décisives sur son parcours: Rita Quaglia et Lluis Ayet, Deborah Hay, Benoît Lachambre, Pierre Pilatte, le performeur Alberto Sorbelli, le yoga Iyengar, le shiatsu et le Ki Guong, le mouvement authentique, le self défense féministe…

www.cienue.fr

LES INFORMATIONS PRATIQUES

Jours et horaires: du lundi 14 au jeudi 17 juin de 9h30 à 18h30 (possibilité d’arriver le dimanche soir).

La dernière journée de stage se termine à 16h30.

Lieu: sources Lieu Dit La Moronie, 63600 Valcivières, www.mu-pied.com

Hébergement: tou.te.s les stagiaires sont hégergé.e.s au Gite de groupes la Cheveyre Valcivieres 

Repas: gestion libre pour tous les repas.

Tarifs: 250 euros – 1000 euros si prise en charge (pour toute question au sujet de la prise en charge de la formation, appeler Isabelle Engster de l’organisme GAM’ART au 06 73 90 25 25)+ hébergement: 15 euros par nuit

Renseignements et inscription : asso.nue@gmail.com  – 06 18 21 92 51

Envoyer un chèque d’arrhes de 100 euros (non encaissés sauf si annulation après le 24 mai) à Association Nue – Chez Association Renc’Arts – Quartier la Pialle Route de Cobonne – 26400 Aouste-sur-sye.

http://www.cienue.fr/

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